• Vicki BAUM- Lac-aux-dames

    Vicki BAUM- Lac-aux-dames

    Quelque part en Autriche, un lac, des villégiatures, des résidences de vacances, des pensions familiales. Cela s'appelle le Lac-aux-dames car on raconte que 24 vierges se sont noyées volontairement pour ne pas subir les derniers outrages suite à une quelconque invasion.

    Ce sont les vacances et Urbain Hell, magnifique jeune homme de 26 ans est embauché comme maître-nageur. Il doit donner des leçons et surveiller la baignade.

    Mais c'est le Lac-aux-dames, parce que ce magnifique maître-nageur, champion de natation et ingénieur par dessus tout va devenir le centre d'intérêt des femmes des alentours:

    "Ma vieille qu'est cependant à son septième mois, passerait toute la journée debout à l'écouter. Y porte un caleçon de bain qu'a pas dix centimètres de long, tant dire un cache-sexe, mais laisse, c'est ça qui plaît aux dames. […] C'est justement qu'elle dit, quand on est enceinte, faut se mettre quelque chose de beau devant les yeux, tu voudrais pas quand même que ce soit toi que je m'y mette?"

    Roman d'amour? Parce qu'il va rencontrer maintes femmes plus ou moins jeunes (Puck et sa mère célèbre actrice,  Mme Birndl, son ancienne maîtrsse comtesse le temps de quelques semaines, deux jumelles.) C'est une suite plus ou moins logique de relations de séduction et de tentations.

    Roman de disette? Parce que ce pauvre Hell est pauvre justement, qu'il gagne peu et que la pluie aidant, il ne va plus gagner grand chose et ainsi voir son clinquant perdre du brillant de repas sautés en jeûnes successifs dans l'attente sans cesse reconduite d'une nouvelle qui pourrait lui apporter la fortune.

    Et donc? Je crois avoir lu un roman sentimental qui se finit bien (ouf). L'ensemble est moyen (quoique bien écrit) parfois naïf mais certains passages, certaines situations valent le coup et m'ont même parfois fait rire.


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  • Nathalie Heinich - Ce que le militantisme fait à la recherche

    Nathalie Heinich fait -je crois- partie de l'observatoire du décolonialisme.

    Elle fait aujourd'hui partie d'un contre-mouvement qui tendrait à protéger l'université contre une dérive: celle de la perméabilité entre la production de savoir et le militantisme.

    De toute évidence, elle s'oppose entre autres à la sociologie critique, héritière de la seconde carrière de Bourdieu, après "la misère du monde".

    pour les curieux, la sociologie critique, c'est cela:

    C'est une sociologie qui se veut productive dans le changement du monde. Une sociologie qui ne serait donc pas uniquement productrice de savoir mais création de puissance modificatoire.

    C'est contre cela que s'érige Nathalie Heinich, c'est ce dévoiement de l'université au profit du militantisme. L'université qui devrait uniquement garder une neutralité axiologique perd de sa puissance idéelle en glissant dans le politique. Elle ne dit pas qu'il est interdit aux militants de militer ou d'avoir des objectifs propres à changer le monde. Non, elle défend juste une position qui consiste à dire: le savoir à l'université, le militantisme hors de l'université.

    Et de fustiger

    • la perversion de la validation par les pairs
    • une baisse de qualité épistémique
    • la production intellectuelle médiocre
    • la redécouverte permanente des mêmes lunes
    • la confusion entre objectivité et authenticité
    • la division en champs de recherche qui enferment les études (racial studies, gender studies, fat studies...)
    • la course à l'échalotte de la radicalisation des positions dans un marché de production du savoir

     

    Nathalie Heinich a raison de porter sa critique sur le champ épistémique et universitaire et non sur celui des valeurs. Elle ne dit pas qu'il ne faut pas militer. Libre à chacun dans sa sphère privée. Elle procède à l'énonciation d'une défense de la production intellectuelle, contre l'instrumentalisation de cette production intellectuelle qui, dans certains secteurs (en sociologie), perd en neutralité axiologique au profit de combats qui n'ont pas lieu d'y être.

    Elle rejoint en cela la critique énoncée par Bronner et Géhin dans "le danger sociologique".

    C'est sympa ces "tracts Gallimard". Les seuls reproches que je pourrais formuler, c'est que c'est vite lu et que quand on a écouté quelques émissions de la promotion de l'ouvrage, il ne reste pas grand chose à découvrir.

     

    Je rajoute ici un lien vers une enquête du Point sur "DÉRIVES À LA SORBONNE. Durant un semestre, nous avons suivi une formation en « cultural studies » à Paris-III. Un champ aussi riche qu'inquiétant."

     

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  • Branko LAZITCH - Le Rapport Khrouchtchev et son histoire

    J'ai beaucoup lu sur le communisme au XXème siècle pour tenter de comprendre cette grande illusion qui a contaminé le monde. Une illusion tellement bien faite qu'elle continue aujourd'hui à séduire les foules parfois sous d'autres noms.

    On pourrait aussi citer Koestler ou les écrits sur la secte des Esseniens mais passons.

    En tout cas, quand on s'intéresse à cette histoire, il y a un épisode qui revient régulièrement, c'est celui du rapport Khrouchtchev de 1956. 3 ans après la mort de Staline.

    Staline a gouverné 30 ans. 30 ans dà tenir d'une main de fer (d'acier pourrait-on dire) un Empire qui se disait vertueux. Ce fut le temps des massacres, des famines (Ukraine) mais aussi de la victoire sur Hitler qui lui donna une forme de respectabilité. 30 ans pendant laquelle la vieille garde se verra liquidée (Kamenev, Trotski, Zinoviev...).

    Une Staline mort, que faire de tout cela? Khrouchtchev porté au pouvoir décidera d'en faire l'inventaire, certainement pour s'en dédouaner en partie(n'a-t-il pas atteint les hautes sphères pendant la même période?) mais aussi pour tenter de redorer le blanon du marxisme léninisme. C'est le rapport que nous lisons ici.

    Staline en prend sacrément pour son grade. C'est une sorte de mise à nue qui s'opère lors de ce congrès (les purges, le "culte de la personnalité", sa prétendue infaillibilité...). Cependant il est peu question des goulags par exemple.

    C'est finalement la fin d'une religion qui se fait sous nos yeux. L'infaillibilité du communisme se met à jour. Khrouchtchev tente de réhabiliter Lénine et Marx comme les tenants du vrai communisme dévoyé par Staline, mais c'est surtout la fragilité d'un système qui est exposé. Lénine malgré son "testament" n'a pu s'opposer à la prise de pouvoir de Staline.

    On peut toujours gloser sur Staline, le communisme dévoyé et une illusion qui aurait pu se concrétiser. La vérité étant que ce que reconnaît Khrouchtchev, c'est que l'URSS depuis 30 ans se mentait à elle-même et au monde entier. D'ailleurs, les années suivantes verront finalement ce dévoiement continuer malgré ce grand déballage qui devait rester secret ou secrètement dévoilé au monde entier. Le renouveau n'aura pas lieu et l'illusion malgré les marins occidentaux séduits par les sirènes des lendemains qui chantent continuera à faire déchanter des peuples et à faire taire les opposants malgré la planification et le matérialisme historique.

    On n'a pas tous les jours la chance de lire un document historique (ouvrage trouvé par hasard chez un bouquiniste)

     

    P.S. Pas facile d'écrire Khrouchtchev de tête. Alors je l'ai fait une fois et après, j'ai fait ctrl+v...


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    Evelyne HEYER - L'odyssée des gènes

    Si on s'intéresse (en amateur) aux gènes, on peut avoir déjà lu plusieurs ouvrages qui concernent directement le sujet ou qui le recoupent

    Et on pourra se dire au début de l'ouvrage qu'il y a pas mal d'éléments que l'on connait déjà (notre proximité avec les grands singes, les rencontres avec Neandertal...)

    Evelyne Heyer est une biologiste française, professeure en génétique des populations. Et ses recherches portent sur l'analyse génétiques des populations pour comprendre les mouvements de ces populations, les mélanges qui ont pu se faire...

    Cependant le livre est un peu plus que cela.

    Ainsi dans cet ouvrage Evelyne Heyer raconte aussi bien les dernières découvertes, celles qui sont connues depuis quelques temps déjà, ses propres recherches et fait preuve de pédagogie pour une matière (la génétique) qui peut paraître à nombre d'entre nous un peu obscure. Elle reprend d'ailleurs la métaphore du classeur comme Dawkins pour nous expliquer les mutations et la méiose.

    L'auteur use d'un procédé chronologique pour évoquer nos grandes mutations, et mouvements de population depuis le premier homo (même s'il est difficile de trouver le premier, voire même de le concevoir) jusqu'à aujourd'hui. outre la pédagogie liée à l'exercice de sa pratique, elle évoque (et je cite en vrac):

    • les pygmées
    • les scythes
    • le "peuple" juif
    • Genghis Khan (pour ceux qui ne connaissent pas, des découvertes étonnantes ont eu lieu à ce sujet)
    • les sorties d'Afrique
    • les différentes migrations pour recouvrir le monde
    • la tolérance au lactose dans certaines populations
    • Les modifications qu'a apporté le néolithique
    • le phénotype des premiers européens (certainement de peau foncée aux yeux bleus)
    • ...

    C'est un excellent ouvrage, très pédagogique qui touche à de nombreux sujets. Il nous montre combien est importante aujourd'hui la génétique qui vient compléter les études historiques. Evelyne Heyer fait preuve de beaucoup de prudence dans ce qu'elle avance, annonçant souvent la réfutabilité de certaines hypothèses.

    Un seul bémol peut-être, le dernier chapitre. Comme beaucoup d'auteurs, Evelyne Heyer souhaite conclure par un chapitre que je qualifie de "fleur au fusil" et qui n'a d'intérêt que pour tenter d'exorciser notre vision de nous-même, comme s'il fallait tirer une morale de toute ces études scientifiques.

    Un bon ouvrage à offrir à Noël pour les personnes un peu curieuses.


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    Evelyne HEYER - L'odyssée des gènes

    Si on s'intéresse (en amateur) aux gènes, on peut avoir déjà lu plusieurs ouvrages qui concernent directement le sujet ou qui le recoupent

    Et on pourra se dire au début de l'ouvrage qu'il y a pas mal d'éléments que l'on connait déjà (notre proximité avec les grands singes, les rencontres avec Neandertal...)

    Evelyne Heyer est une biologiste française, professeure en génétique des populations. Et ses recherches portent sur l'analyse génétiques des populations pour comprendre les mouvements de ces populations, les mélanges qui ont pu se faire...

    Cependant le livre est un peu plus que cela.

    Ainsi dans cet ouvrage Evelyne Heyer raconte aussi bien les dernières découvertes, celles qui sont connues depuis quelques temps déjà, ses propres recherches et fait preuve de pédagogie pour une matière (la génétique) qui peut paraître à nombre d'entre nous un peu obscure. Elle reprend d'ailleurs la métaphore du classeur comme Dawkins pour nous expliquer les mutations et la méiose.

    L'auteur use d'un procédé chronologique pour évoquer nos grandes mutations, et mouvements de population depuis le premier homo (même s'il est difficile de trouver le premier, voire même de le concevoir) jusqu'à aujourd'hui. outre la pédagogie liée à l'exercice de sa pratique, elle évoque (et je cite en vrac):

    • les pygmées
    • les scythes
    • le "peuple" juif
    • Genghis Kahn (pour ceux qui ne connaissent pas, des découvertes étonnantes ont eu lieu à ce sujet)
    • les sorties d'Afrique
    • les différentes migrations pour recouvrir le monde
    • la tolérance au lactose dans certaines populations
    • Les modifications qu'a apporté le néolithique
    • le phénotype des premiers européens (certainement de peau foncée aux yeux bleus)
    • ...

    C'est un excellent ouvrage, très pédagogique qui touche à de nombreux sujets. Il nous montre combien est importante aujourd'hui la génétique qui vient compléter les études historiques. Evelyne Heyer fait preuve de beaucoup de prudence dans ce qu'elle avance, annonçant souvent la réfutabilité de certaines hypothèses.

    Un seul bémol peut-être, le dernier chapitre. Comme beaucoup d'auteurs, Evelyne Heyer souhaite conclure par un chapitre que je qualifie de "fleur au fusil" et qui n'a d'intérêt que pour tenter d'exorciser notre vision de nous-même, comme s'il fallait tirer une morale de toute ces études scientifiques.

    Un bon ouvrage à offrir à Noël pour les personnes un peu curieuses.


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