• Alain FOURNIER - Le Grand Meaulnes

    Alain FOURNIER - Le Grand Meaulnes

    Alain FOURNIER - Le Grand Meaulnes

    Je l'avais lu il ya très longtemps. Je me souvenais de deux ou trois choses. La première, c'était mon ennui de lecteur. Je me souvenais aussi d'une espèce de château et de fête, d'amour déçu. C'était très flou.

    Les années passant, il était temps de me replonger dans ce roman.

    C'est finalement un étrange roman que j'ai lu. Les thèmes sont multiples. Il y a un imaginaire de conte de fée lié à la fête du château, presque médiéval avec parfois des sentiments chevaleresques tirés du roman courtois. Il y a le roman d'adolescence bien sûr. Il y a aussi le cadre champêtre, campagnard par ses scènes qui rayonnent dans la Sologne.

    La première partie est assez forte: nous entrons dans le roman par la porte de l'adolescence avec ses alliances, ses sentiments d'amitié profonds puis on entre à l'occasion d'une échappée imprévue du Grand Meaulnes, qui se perd dans la campagne dans un monde féérique . Il y découvre Yvonne ainsi que son frère Frantz.

    Puis de retour dans son quotidien s'ensuit une quête (qui n'est pas un voyage) à la recherche de ce château que personne ne connaît; puis c'est la fuite vers Paris. S'ensuivent des mises en perspective entre désir, souvenirs, promesses, idéaux, imaginaires.

    Le roman a quelque peu vieilli de par l'expression de sentiments qui nous sont étrangers aujourd'hui mais le roman et aussi par ses parties qui ne s'enchâssent pas forcément très bien, je pense, a encore de beaux jours devant lui car malgré une certaine naïveté de ton il réussit à articuler un imaginaire bien ancré et le roman d'adolescence, offrant l'exacerbation d'un apprentissage qui se fera douloureusement tant l'entièreté des personnages en fait des personnages de roman par essence.

    Quant au narrateur qui est le compagnon du grand Meaulnes et le détenteur de son histoire, une sorte d'écuyer, c'est un peu nous, lecteurs toujours à la frontière du merveilleux, séparés de lui par le papier du livre mais qui s'offre à nous malgré cette fine frontière.

    » Nous lui avons dit : voici le bonheur, voici ce que tu as cherché pendant toute ta jeunesse, voici la jeune fille qui était à la fin de tous tes rêves ! » Comment celui que nous poussions ainsi par les épaules n’aurait-il pas été saisi d’hésitation, puis de crainte, puis d’épouvante, et n’aurait-il pas cédé à la tentation de s’enfuir !

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