• Colette - Claudine s'en va

    Colette - Claudine s'en va

    Colette - Claudine s'en va

    Claudine s'en va n'est pas un roman sur Claudine. La narratrice n'est pas Claudine. En même temps, j'aurais pu m'en douter puisqu'il était marqué juste en dessous "Journal d'Annie"

    Ce n'est donc pas une suite, ce n'est pas la poursuite des aventures amoureuses, conjugales de Claudine même si elle est le personnage secondaire principal. Claudine est une sorte de repère. Claudine, ici est toujours avec Renaud. Elle évolue dans Paris, très amoureuse, très libre dans ses paroles et ses rapports avec les gens (à la limite d'être poseuse d'ailleurs). Claudine n'apparaît qu'au service de l'histoire d'Annie.

    Annie est une jeune fille mariée depuis quelques temps avec un amour de jeunesse qui, au début du roman, va partir régler une affaire en Argentine laissant sa jeune épouse aux mains de Marthe sa soeur qui évolue dans Paris et fréquente entre autres Claudine et Renaud.

    Annie est une jeune fille renfermée, étouffée par son mari qui semble tout décider pour elle: ses fréquentations, ses meubles, ses animaux de compagnie...

    Ce récit est l'histoire de l'émancipation d'Annie qui va découvrir, son geôlier loin d'elle, le goût de la liberté, découvrant par la même occasion à la fois son statut de prisonnière et une liberté qu'elle n'avait jamais imaginée, évoluant entre Paris, une ville d'eau et Bayreuth. Ce n'est pas un roman contre le mariage mais plutôt sur l'amour. Annie prisonnière d'un mari qui ne l'aime pas est guidée, dévoilée à elle-même par Claudine.

    Colette nous livre un récit qui ne forme pas le 4ème volume d'une série, c'est plutôt un récit annexe; un prétexte à livrer une sorte de roman d'apprentissage. Claudine était déjà libre. Ici, c'est le récit d'une libération.

    Si le déroulé est peut-être moins bien mené que Claudine en ménage, la plume devient plus fine, plus poétique parfois. La syntaxe s'enrichit. J'ai senti davantage de soin porté à l'écriture. Et ce n'est que le quatrième roman de Colette. Il m'en reste encore de nombreux à lire!

    P.S: Au vu des nombreux éléments de la vie de Colette qui sont décrits (la fréquentation de Polaire, le nom du chien d'Annie "Toby") nous pourrions nous demander, quand on sait que Colette s'inspirait de sa vie pour écrire, ce qui émane d'elle ou non: quelle est la part de fiction à travers ces romans?

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