• Henri DONTENVILLE - Mythologie française

    Henri DONTENVILLE - Mythologie française

    L'ouvrage date de 1947. La langue s'en ressent j'ai même eu le sentiment qu'il y avait de la part de l'auteur l'intention d'avoir un style qui fasse savant. Mais à défaut de langue savante, nous avons, je trouve, affaire à un style ampoulé. J'ai trouvé que cela alourdissait le propos.

    C'est un peu dommage parce que la thèse est intéressante.

    Dontenville commence par s'adresser à ses concitoyens:

    « Ce qu’ont pu croire Grecs et Romains est et demeure justement enseigné ; des collégiens s’appliquent encore à voir comment, en vers virgiliens, Hercule l’emporte sur Cacus, mais nul ne va voir comment le magicien Maugis a conquis le Bayart. Ce qui, au long des siècles a donné crainte ou espérance aux gens de chez nous – et par "gens de chez nous", il faut entendre en gros gens de langue d’oïl et de langue d’oc –, cela n’est nulle part enseigné. On va au loin et on délaisse ce qui est proche. Un bachelier pourra connaître la "Lorelei", qui est création de poète romantique allemand, il ignorera Mélusine qui, avant toute littérature, est de notre terroir, et pas seulement du Poitou. […] La Sorbonne littéraire a cent chaires et trente instituts ; elle fait connaître les civilisations sémitiques, roumaine, slaves, chinoises aux différents stades, elle se tait sur ce qui a été l’âme de notre patrie. »

    L'idée étant de partir en quête de notre propre mythologie, une mythologie de notre territoire et de notre langue. Et c'est un voyage plein d'érudition qu'il nous fait prendre. Il part enquêter autour du personnage de Gargantua (que n'a pas inventé à proprement parler Rabelais), du cheval Bayard et de la fée Mélusine, personnages qu'il va extraire de nos contrées à travers les lieux-dits, les contes (pour les siècles les plus récents), l'étymologie.

    L'ouvrage n'est pas évident à lire. J'ai survolé certaines parties qui énuméraient par exemple les lieux portant le nom de Gargantua ou de ses variations (Gorgon, Gargan...). Et ces lieux sont nombreux. Leurs noms remontant loin dans le temps cherchant souvent une explication féérique, merveilleuse aux géographies locales (montagnes, traces).

    Et c'est tout un réseau d'histoires plus ou moins similaires qui se retrouvent sur le territoire mettant en valeur des contes, des imaginaires communs malgré parfois des lieux fort éloignés. C'est le cas de ce géant qui aspire les fleuve, dépose des pierres, oublie ses bottes qui deviennent des montagnes...

    Ce qui est intéressant aussi, c'est la filiation, étymologique à travers l'espace. L'enquête devient alors fort savante me rappelant des moments difficiles en cours d'Ancien Français... Dontenville alors remonte loin pour faire émerger cette longue et répandue légende d'un géant plutôt bienveillant. Légende qui aurait fait une part de notre culture et que nous aurions oubliée.

    Il évoquera aussi les tentatives de réemploi de l'église, les confrontations entre les légendes chrétiennes et les païennes.

    Un ouvrage peu évident à lire cependant, qui se veut exhaustif dans sa démonstration (même si apparemment, il y aurait débat sur certaines étymologies proposées par Dontenville).

    A garder dans un coin de sa tête quand nous voyagerons en France et qu'au hasard des lieux-dits nous pourrons trouver trace de ces mythes que nous n'avons su conserver.

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